Couleurs
Aux origines
L'habitude de montrer son apartenance à un groupe social par le port de couleurs précises remonte à la nuit des temps. Il n'est pas étonnant que les premières corporations estudiantines aient adopté ce signe distinctif, très en vogue dans la noblesse, puisque l'étudiant venait de cette classe et estimait ainsi avoir le droit de conserver ses privilèges.
Bien que par la suite, ce ne fût plus toujours le cas, les habitudes demeurèrent, comme le port du ruban, de la casquette et de l'épée. Cette épée servit plus tard à défendre son honneur - comme le faisait tout noble qui se respectait - et tout un art typiquement académique dans le maniement du sabre se développa pour donner naissance à la Mensur.
A côté de ces origines médiévales, il faut citer aussi les influences de la Révolution française, qui répendit l'usage du port de l'écharpe tricolore, et de la franc-maçonnerie, par l'intermédiaire des ordres estudiantins, où est apparue l'idée de "lier" les frères par un ruban identique. Cependant, ce n'est qu'au début du XIXème siècle que cette coutume de généralisa en Allemagne. La casquette apparut plus tard.
Toutes ces coutumes étaient censée distinguer l'étudiant de l'artisan, ce qui deviendra nécessaire quand l'étudiant ne sera plus forcément riche. Aujourd'hui, les étudiants ne se distinguent plus vraiment du reste de la population et le port des couleurs symbolise avant tout le lien fort qui unit les membres d'une société d'étudiants entre eux.
Les couleurs helvétiennes

- Membre du comité en Vollwichs
L'Helvétia décida, à l'instigation de la section de Aarau, de porter couleurs comme signe de ralliement dès 1834. Le premier sautoir de l'helvétia avait les couleurs de la République helvétique, soit vert, rouge et or, et vers 1840, une casquette verte.
Lors de la première fête centrale de la Nouvelle-Zofingue, elle devinrent rouge, blanc et or et ce n'est qu'en 1855 qu'on adopta les couleurs actuelles : sautoir amarante-blanc-amarante avec liseré d'argent et casquette amarante.
Outre le port des couleurs, les étudiants allemands, toujours soucieux de ressembler davantage à un Junker ou à un soldat qu'à un artisan, introduisirent toute une mode vestimentaire qui fut également adoptée en Suisse.
Le Vollwichs est la tenue d'apparat que portent les helvétiens lors des cérémonies officielles. Elle est consituée d'un cerevis (petit couvre-chef retenu par un élastique), d'un Flaus (veste à brandebourg), de gants à crispins, de culottes blanches, de bottes et de la rapière dans son fourreau.
Pour certaines occasions comme un bal ou une assemblée générale, les helvétiens revêtent le Halbwichs, composé uniquement du Flaus, des gants, de simples pantalons et de chaussures noirs.
Les membres du comité portent une grande écharpe aux couleurs de la société.
Source
Olivier Meuwly (1987), Histoire des sociétés d'étudiants à Lausanne, Université de Lausanne, Lausanne.

