Histoire

Aux origines

Ayant souvent dû quitter leurs régions d'origine, les étudiants des premières universités françaises du moyen-âge avaient pour usage de se regrouper, selon leurs origines, au sein d'associations portant le nom de "Nationes". Durant le XVIème siècle, les universités allemandes nouvellement réformées virent se créer des variantes sensiblement différentes des "Nationes", sous la dénomination de "Landmannschaften".

Les étudiants, dont bon nombre était issu de la noblesse, en portaient les signes distinctifs : le couvre-chef et l'épée, auxquels ils adjoignirent un ruban aux couleurs de leurs villes d'origine puis, plus tard, de leurs sociétés. Le port du ruban fut emprunté aux traditions d'ordres estudiantins proches de la franc-maçonnerie, ainsi que d'autres influences telles que le principe de société à vie.

Lors de l'occupation napoléonienne, les sociétés d'étudiants du Saint Empire Romain Germanique se révoltèrent et prirent les armes pour lutter contre l'occupant. Empli de ce sentiment patriotique, les étudiants allemands allaient, à la suite de la signature du traité de Vienne, œuvrer pour l'unification de l'Allemagne.

Née lors des célébrations du 400ème anniversaire de la Réforme, la Deutsche Burschenschaft allait perpétuer, dans un esprit parfois révolutionnaire, cet idéal patriotique et unificateur. Au début du XIXème siècle, les sociétés allemandes évoluèrent vers les Corps actuels en abandonnant le principe du regroupement régional.

Fondations des premières sociétés d’étudiants en Suisse

La première société d'étudiants fondée en Suisse le fut à Lausanne, en 1806, par cinq jeunes étudiants qui lui donnèrent le nom de leur auditoire : Belles-Lettres. Cette société aux buts plus littéraires que politiques demeura, dans un premier temps, locale.

Drapeau central (1851) de la Nouvelle-Zofingue/Helvétia (1847-1855)

Vraisemblablement influencés par la philosophie des sociétés allemandes, une soixantaine d'étudiants de Berne et Zurich se réunirent en juillet 1819 à Zofingue. Ils fondèrent la société estudiantine du même nom dans l'objectif de développer l'amour de la patrie, rapprocher les cantons et unir les étudiants suisses sans tendance politique prépondérante. Zofingue vit rapidement se former de nombreuses sections dans les villes universitaires et eut rapidement une influence supérieure à Belles-Lettres.

Lors de la révolution de 1830, des différents apparurent entre les sections de Zofingue, de nombreux cantons ayant adopté une constitution de type libéral sous l'influence du mouvement de la Régénération. La section de Bâle, très conservatrice, prit cependant le parti de la ville contre la campagne lors des dissensions qui aboutirent à la création des deux demi-cantons. Les Zofingiens de Neuchâtel, pour leur part, soutirent ouvertement les tendances royalistes et les prétentions du roi de Prusse sur leur principauté.

Proches du nouveau parti radical, la section de Lucerne et une minorité de la section de Zurich demandèrent l'exclusion des sections réactionnaires. A la suite du refus de l'Assemblée Générale de Zofingue, les étudiants s'en écartèrent en mai 1832. Ils se rencontrèrent à Hirzkirch, à l'hôtel de l'Ange, les 11 et 12 mai 1832 et fondèrent l'Helvétia.

En 1841, l'aile droite de Zofingue fît à son tour sécession en créant la Société des Etudiants Suisses (Schweizerischer Studentenverein) dont la forme définitive fût adoptée en 1843.

La section genevoise de l’Helvétia

La section genevoise vit actuellement sa cinquième refondation. De 1949 à 1855, il exista une première section, née de la Nouvelle-Zofingue. Elle finit par voter sa dissolution pour retourner à ses origines.

A la mi-février 1876 fut refondée une section, comprenant en particulier de nombreux étudiants suisses-allemands et tessinois. Elle s’est éteinte faute de membres en 1882. Un des personnages éminents en fut le Dr Lucien Wintzenried, médecin à Satigny.

De 1887 à 1893 exista la plus grande section de l’Helvétia genevoise. Ce sont les sections vaudoise et bernoise qui en sont à l’origine. Pendant plusieurs semestres, aucun natif genevois n’en fera toutefois partie. On y pratiqua même régulièrement la Mensur. Cette section compta de nombreux membres honoraires au sein du parti radical genevois. Cette fabrication en série de membres honoraires lui fut cependant néfaste, et la section fut suspendue le 15 novembre 1893 après de nombreuses dissensions et exclusions. Elle comptait alors par moins de 70 membres et membres honoraires.

Programme de Commers anniveraire de la section genevoise des 16 et 17 février 1901

De 1899 à 1903, une section vit encore brièvement le jour, sous les auspices de nos frères de couleur vaudois, pour s’achever dans les exclusions et démissions diverses, tous ses membres quittant au surplus la région genevoise. Cependant, de nombreuses manifestations d’Anciens Helvétiens continuèrent d’avoir lieu sur le sol genevois jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Imaginée dans un Landolt enfumé sous les auspices de Pierre Hegg v/o Sultan, AH vaudois établi à Genève, la dernière refondation eut lieu en 1971. Elle fut officialisée lors de la Fête Centrale de Langenthal le 18 juin 1971. Les candidats de l’époque se transformèrent en Fuxe - dans un premier temps vaudois par interim - lors d’une cérémonie à Satigny, dans le vignoble du Mandement. Le jeune AH vaudois Arnold Fink v/o Kennst du… reprit alors du service en qualité de Fuxmajor genevois, et nombre d’anciens rencontrèrent et encouragèrent régulièrement ce Fuxenstall quelque peu exceptionnel.

Suivit alors une période d’enthousiasme, de contacts fréquents avec les autres sections comme avec d’autres sociétés portant couleur – Salevia et Stella en particulier. Apparurent alors d’inévitables problèmes de recrutement, de démission et d’exclusions, ainsi que ceux liés au fréquents changements de local et de Stamm.

En 1984, après des Stämme improvisés dans divers lieux publics et autres expulsions de restaurants, la section pris ses quartiers d'été dans les catacombes du bois de la Bâtie. En raison du froid et du peu de sécurité offert par ce site, la section émigra au restaurant du Tivoli, où les Stämme se sont tenus jusqu'en 2010. Le produit de la vente du recueil helvétien de photos "Couleurbruder" permit, grâce à la générosité des autres sections, d'offrir une Stammtisch à la section genevoise. Cette table, gravée aux couleurs de la société et des cantons dans lesquels elle est représentée, fut transportée de la gare de Cornavin au Tivoli par un cortège d'helvétiens. Le Tivoli ayant fermé ses portes en 2010, les actifs se réunissent actuellement au Green Café.

Depuis sa refondation, la section genevoise, à l'instar des autres sections cantonales de la société Helvétia, a adopté un rythme de croisière qu'elle entend maintenir contre vents et marées.

Les personnalités issues de la section genevoise de l'Helvétia

Pour approfondir

Origine des sociétés d'étudiants

Histoire de Genève

Histoire de l’Helvétia

Sources